Cette injonction lancée par un tourneur aux raseteurs de cette troisième journée du Printemps des Royales de St Laurent d’Aigouze résume ce que nous avons pu voir cette après midi, mais surtout ce que nous voyons dans la plupart des courses.
En cette période où nous entendons à toutes les sauces du " il faut protéger nos taureaux ", il me semble qu’avant de penser à rédiger des règlements, il faudrait prendre conscience de ce qu’il se passe en réalité dans nos arènes.
Les hommes en blanc, et c’est naturel quand on y réfléchit, ont pour la plupart (je ne veux pas mettre tout le monde dans le même sac et les quelques autres se reconnaîtront sans peine) tendance à privilégier la facilité au dépassement de soi.
Cette après midi, ce n’est pas la compétition qui est en cause ou même le nombre de points faits ou pas (si mes comptes sont bons, avec le " nouveau "règlement, nous aurions Schuller avec 6 points et Chanat avec 3 …).
Ce n’est pas non plus l’argent sur les têtes (on entend souvent : ils rasètent pour le fric) : des ficelles sont rentrées à plus de 100 euros, une à 200 même, admettez qu’à l’avenir ce sont des sommes tout à fait acceptables, et nous aurions pu croire à une ruée à l’assaut de nos bioù …
Non, tout ceci n’est pas en cause mais nous avons quand même vu ce que l’on voit à toutes les courses : les taureaux difficiles ont été délaissés et les plus abordables ont été travaillés …
Bien sûr, aujourd’hui cette sensation a été décuplée par une équipe de raseteur qui ont pour la plupart été présent par intermittence, 1 taureau pour l’un, 2 pour l’autre, … donc les difficiles ont été encore moins rasetés et les braves pas trop assaillis … mais la réalité est bien là : quand le taureau est « brave « ça rasète beaucoup plus et surtout beaucoup plus mal, compétition ou pas, argent ou pas …
Alors puisque l’on veut parler de règlement, asseyons de faire appliquer l’actuel : Thierry Cure à la présidente à repris à maintes reprises les tourneurs pour leur stations prolongées en contre piste, mais aucun n’a été exclu temporairement, et quand ce n’était pas les tourneurs (juste après une intervention de Thierry bien sûr …) c’était un raseteur présent en contre piste qui faisait office de tourneur …
C’est cette mentalité de " triche " qu’il faudrait essayer de combattre, on la combat dans tous les sports, et comme nous en sommes un …
Car c’est bien ça qui entrave la progression de nos bioù : les empêcher de se battre loyalement et donc d’apprendre leur combat !!!
Un taureau comme Loubard, âgé de 6 ans, vaillant à l’extrême, qui se bat autant qu’il le peut, mérite t’il d’avoir 3 tourneurs qui lui cache l’homme, mérite t’il d’être mis tête aux planches ?
Je vais essayer de faire comme nous l’a si bien fait M. Espelly récemment et me mettre à la place du bioù : je suis sûr que Loubard aurait préféré que les attributs dont il était porteur soient comptabilisés mais que les hommes l’affrontent loyalement, de face et sans triche !!!
Bon, ceci dit, et m’apercevant que je m’éloigne du sujet initial de cette course saint laurentaise, je vais essayer d’en faire un rapide résumé.
Tout d’abord, et contrairement à mon habitude, je ne vais pas citer tous les acteurs présents : certains ayant totalement disparus de ma mémoire, je risquerais de les oublier et ils pourraient m’en vouloir …
Cortés (344) ouvre les débats. Sa présentation ne saurait mentir, nous avons affaire à un vrai Cuillé !!! Après un début brouillon, il trouve sa place dans les bois et répond aux sollicitations, quand elles viennent … Enferme tranquillement ses 2 ficelles après une course correcte dans ce contexte.
Loubard (336) est un monument de vaillance, plus il est raseté, plus il se lance dans la bataille. Malgré quelques artifices peu orthodoxes des hommes, il en veut toujours plus, et nous, afeciouna, nous disons que nous aurions pu voir un grand ¼ d’heure …
Franklin (242) me fait immédiatement pensé à mon chouchou Phoebus : c’est la même belle tête … Distrait à droite (en même temps, les hommes ne se bousculent pas …) il est capable de grosses enfermées à gauche, souvent ponctuées de belles arrivées aux bois aux trousses des hommes. Lui aussi enferme tranquillement ses 2 ficelles.
Molière (236) semble avoir envie en ce début de course, mais devant la léthargie des hommes, il s’endort au moins autant que nous et s’évade seul dans le pourtour. Son second gland est levée à la 12ème, je ne vous parle évidement pas des ficelles …
Souchet (235) est le plus abordable, et ça se voit … les hommes se réveillent enfin, c’est à lui que nous entendons la phrase du titre …, sans grande difficultés il se livre. Sa prestation est plaisante et nous voyons enfin des ficelles se lever, la 2ème à la 13ème minute de course.
Bréchu (138) est le barricadier de service. Ses principaux attributs partent dans les 2 premières minutes mais après, suite à une grosse action, les ardeurs se calment … ce qui lui permet de défendre sa seconde jusqu’à l’ultime seconde de sa course, ponctuée de nombreuses arrivées fracassantes aux bois.
Picaros (455) est un magnifique tau. Craint au début, les hommes ne lui font guère de cadeaux … en se chauffant, il finit par terminer ses poursuites aux bois, de façon de plus en plus poussée, ce qui lui permet de tenir les hommes à distance et d’enfermer, lui aussi, ses deux ficelles.
Finalement, nous avons assisté à une course où les taureaux en voulaient et les hommes moins, dommage …
Nico