En d'autres temps, Socrate disait : « tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien ». En bouvine, la « socratitude » me paraît bien être de mise. A part, bien sûr, pour les « sciences infuses » bouillonnantes d'expertise, qui ont tout vu, tout lu et tout connu de la course camarguaise...
Peut-on parler de connaissance, en matière de bioù ? Où est ce le ressenti et les émotions, qui guident notre analyse et nos points de vue ? Bien entendu, il existe quelques éléments tangibles qui fondent le sens commun, la base nécessaire pour que l'on se comprenne. Mais en ce qui concerne la valeur d'un taureau... On peut bien le retourner dans tous les sens et de midi à quatorze heures, il n'existe aucune vérité. Sinon, peut-être, celle du consensus... Vous savez, ces moments mémorables où tous les protagonistes de l'arène se rassemblent et ne font qu'un pour une ovation ou... une bronca !
En dehors de ces moments d'évidence, les opinions convergent et divergent à l'infini. Chacun ses goûts, ses coups de coeur et ses aversions. Selon celui qui les exprime, ces ressentis ont parfois des influences non négligeables sur la carrière d'un bioù. Le président de course avec les Carmen, le chroniqueur avec ses compte-rendus de course ou encore les membres de la Commission Taurine pour l'élection du Bioù d'Or peuvent « faire » et parfois « défaire » un cocardier...
Pour autant, chaque opinion est respectable. Même s'il est parfois difficile d'entendre qu'un taureau que l'on apprécie est, selon un autre, mauvais. La discussion est de mise, on peut « refaire la course » encore et encore... Un régal ! A condition de ne pas chercher qui a raison et qui a tort... Bref, à condition de tolérance et de respect.
Quand j'entends les commentaires de ma nièce, jeune afeciouna en herbe, au sujet d'un bioù, je suis enchantée... Elle exprime ses émotions, argumente, s'étonne... Peut-être parce que justement, son avis a du crédit pour son entourage et que l'on trouve intéressant qu'elle se construise sa propre opinion au gré de tout ce qu'elle voit et entend...
A contrario, quand j'entends une figura du mondillo asséner ses vérités comme étant universelles et les seules valables... Je préfère couper court, en tournant les talons, ou en rigolant doucement, face à l'attitude orgueilleuse et méprisante de cette « science infuse donneuse de leçons »...
Falbala