La revanche des Cuillé

Après leur sortie quelque peu décevante à Lunel le mois dernier, les pensionnaires du Domaine des Pavillons nous devaient une revanche. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas lésinés sur les moyens afin de se montrer sous leur meilleur jour. Une première partie solide, une deuxième plus spectaculaire mais tous les taureaux furent compliqués à aborder pour les blancs et reçurent les honneurs de l'air du toréador à leur retour au toril.

Jacques Valentin maîtrise bien les " roundinaïres " de service mais n'est pas assez sévère avec les tourneurs qui essayeront tous les " mauvais " moyens afin de désavantager les taureaux, spécialement Tassou ...

Chez les hommes, Sabri Allouani est dans un mauvais jour, bien trop râleur, mais il se réveille pour Tassou et Renoir. Victor Jourdan, Frédéric Jockin et surtout Lahcène Outarka sont travailleurs et Nicolas Noguera est peu en verve aujourd'hui. A gauche, Gaétan Martinez fait étallage de toute sa classe, DMC commence bien mais s'étiole avant de se retirer, Nicolas Oleskevich et Julien Ouffe sont plus irréguliers.

 

Fanal ouvre les débats. Du haut de ses 14 ans, il ne s'en laisse pas compter. Très mobile au début, il s'avère assez facile mais petit à petit, il se chauffe et ponctue par quelques arrivées aux planches. Les 5 dernières minutes sont un peu longuettes par manque de travail et sélection rigoureuse du bioù. Prestation honnête pour ce vieux roublard des pistes.

Merlin n'a rien d'enchanteur en ce jour. Il est là pour se battre contre les blancs et rien ne le fera reculer. Un coup de revers, que dis-je un énorme coup de tête, freine les ardeurs des hommes. De plus son placement toujours dans les bois ne facilite pas les essais des hommes qui s'acharnent quand même. Les cites les plus francs sont conclus aux planches par des arrivées dangereuses qui déclenchent de nombreux carmens. Un très convainquant Merlin à Palavas aujourd'hui.

Titouan entre en piste rageur. Tout est prétexte à un coup de barrière, plus ou moins dans le rythme. Il cherche la faute des adversaires, et là se montre intraitable. Lui aussi se défend par un gros coup de revers, amplifié par la forme de ses cornes. Il nous offre une sortie spectaculaire.

Guépard entre en piste à la place du cocardier. Après un début hésitant qui me fait craindre le pire, au cours duquel il promène, ne trouve pas de placement et se fait surprendre comme un bébé, il se reprend d'excellente manière. Plus dans les bois, il pose une énigme difficilement soluble pour les blancs. Il ajoute à ce registre cocardier, de nombreuses finitions, dont certaines énormes. Guépard a rassuré en ce jour tous ses fans, on a retrouvé le Guépard de 2008 qui laisse entrevoir de belles promesses pour l'avenir.

Racanel est le plus abordable de la journée. Facile sur le raset, il honore avec vaillance de belles séries et son sang le fait frapper quelques fois derrière les rasets les plus à son avantage. Agréable.

Tassou se présente en piste en arborant fièrement la devise blanche et verte. Et il lui fera honneur. Quelle prestation de ce bioù !!!! Malgré le traitement spécial que lui infligeront les blancs (par moment on se serait cru aux Masters de Pétanque tant les carreaux fleurissent ...), il se battra avec hargne, classe et brin de folie caractéristiques de la race du marquis. Sur le premier raset d'Allouani, et malgré un beau massage ..., il se propulse jusqu'aux tubes. De là, nous ne verrons que des mauvais rasets, bien peu au demeurant mais tous mauvais, néanmoins ils seront raccompagnés très violement aux planches, parfois bien au dessus. Il conserve ses attributs jusqu'à la 12ème minute. Enfin Sabri Allouani nous (et lui ... ) offre un vrai raset ... l'arrivée est monumentale !!! Il enferme l'autre intouchée et rentre au toril sous l'ovation du public et l'air de Carmen entonné par la Gardounenque. J'aurais aimé voir ce Tassou là affronté par des hommes qui auraient osé un combat loyal, je suis persuadé que nous aurions assisté à un quart d'heure d'anthologie ... Espérons que ce soit pour Lunel ...

Enfin Renoir entre en piste pour 10 minutes. D'entrée nous constatons qu'il est dans un meilleur état physique. Sa première action fait craindre le pire : sur un saut il retombe lourdement sur le dos et semble accuser le coup. Mais au fur à mesure de sa course, il se chauffe et sa méchanceté lui fait oublier les coups qu'il s'inflige. Sur une action, il malmène sèrieusement Outarka, qui valse sur les cornes, retombe sur le dos de Renoir, heureusement sans plus de mal ... On assiste à un final en apothéose, le bioù enchainant les coups de barrière, tous plus violents les uns que les autres. Le public lui offre à lui aussi une formidable ovation à son retour au toril.

 

 

                                     Nico - Photos d'Esmeralda

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 04/05/2009