RODIN, le Maestro de la féria

 

 

Des arènes presque combles, ainsi que l'équipe du Taurographe au grand complet, attendent que Jacques Valentin, au demeurant bien peu inspiré aujourd'hui, invite les raseteurs à la capelado. Sabri Allouani en leader bien qu'en dessous de son niveau, est épaulé, selon les bioù, par David Sabatier, Alex Gleize, Lahcène Outarka, Julien Ouffe, Gaëtan Martinez ou Christophe Clarion. Victor Jourdan, Nico Oleskevich sont légèrement plus en retrait et Sidi Mébarek est transparent.

 

Chez les noirs, la prestation impériale de Rodin, efface celles de ses congénères mais Jodias, Vidourlen, Sparagus et surtout Ruy Blas ont fait très bonne figure.

 

Paludier (Margè) ouvre les débats. Sans placement spécifique, il erre comme une âme en peine dans ce vaste plan. Bien évidement, les hommes en profitent et nous assistons à un festival du mauvais raset. Alors certes les hommes sont fautifs, mais le taureau n'a pas fait grand chose pour interdire ça ... Il passe en 9 petites minutes ... auxquelles Jacques Valentin accorde Carmen, décision vite sanctionnée par une bronca du public, ce qui l'incite à abréger l'intermède musical ...

 

Jodias (Nicollin) a la noblesse de sa race, il accepte les séries, tous les cites et finit parfois fort aux barrières. Un très bon placement, quelques jolis changements opportuns de terrain rendent sa sortie bien agréable. Ses innombrables tours de ficelle lui permettent de résister 13 belles minutes et de rentrer sous l'air du toréador, largement mérité celui ci …

 

Vidourlen (Mermoux), comme nous le fera remarquer Falbala, a les " cheveux longs " entre les cornes. Aujourd'hui, il fera une course en dents de scie. Par moment, il semble flotter, être perdu dans ces arènes. Alors qu'il peut tout aussi bien anticiper fort sur les rasets et se servir de ses grandes bannes pour contrer les assauts des blancs. Ces fluctuations vont durer tout le quart d'heure, ce qui donne un sentiment mitigé. Alors oui, la bagarre pour ce gland récalcitrant, monté en milieu de corne, permettra de voir de grosses poursuites, nous montrera Vidourlen sous son meilleur jour, mais ne fera pas oublier ces minutes durant lesquelles le bioù semblera absent ...

 

Après la pause, à la place du cocardier, sort Ruy Blas (Cuillé). Il nous a offert une excellente prestation. Toujours placé dans les planches, à l'affut du moindre départ, il contrôle la situation et s'impose aux hommes. Des anticipations fulgurantes, surtout à gauche (Gaëtan Martinez frôle l'accrochage), une poursuite émotionnante sur Outarka qui s'en sort très bien, de grosses arrivées aux planches : Ruy Blas nous aura tout montré aujourd'hui. Il enferme lui aussi un gland, qui sera monté bien haut sur sa corne, le rendant difficilement accessible aux crochets ...

 

Rodin (Les Baumelles) a donné la leçon aux hommes (Falbala avait le sens de la formule aujourd'hui ...). Il a dominé de manière impensable en cette après midi. Aucune faute ne viendra ternir la copie qu'il rendra. Son placement, comme d'habitude, est parfait : il visite les 4 "angles" de la piste de Palavas, toujours cul aux planches. Il se déplace très intelligemment pour se sortir des séries au cours desquelles, dans d'autre course il se perdait un peu : pas de ça aujourd'hui 2 / 3 rasets puis on change de terrain. Ses anticipations, toujours magistrales, sont aujourd'hui poussées encore plus loin, plus fort ... Allouani se trouve obligé de rompre plusieurs fois, et même les quites des autres raseteurs ne parviendront pas à déstabiliser Rodin ... Sur un long raset de Clarion, il semble ne même pas regarder l'homme pour aller directement au point de rencontre qu'il choisira lui même, empêchant l'homme d'aller à la tête mais aussi lui fermant la porte de sortie ... A partir de la 5ème minutes, alors que nous passons aux ficelles, il devient littéralement intouchable. Nous ne voyons plus que 4 ou 5  " vrais " rasets, tous annihilés par le bioù. Les tourneurs s’y mettent à 3, ils vont en contre piste (un sera même prié par le pelot d’arrêter ça, avant que Jacques Valentin ne se manifeste enfin …). Il enferme ses 2 ficelles intouchées sous une standing ovation monumentale des arènes et sous la musique de la Gardounenque honorant le bioù d'un Carmen majuscule ... Un grand, un très grand cocardier.

 

Après lui, la prestation de Mathis semble terne. D’entrée le bioù apparaît fla, sans montrer ses grosses actions aux planches qui font sa réputation. Heureusement pour lui, il sera raseté au compte gouttes, les hommes prenant leur temps … Aux ficelles, le travail est encore plus rare, ce qui permettra à Mathis de se reprendre et de nous offrir quelques actions aux bois, mais que c’était mou … Allouani, qui avait déjà fait la coupe la cocarde et un gland, lui lève sa première ficelle à 800 euros à l’ultime seconde dans un magnifique raset pleine piste.

 

Enfin Sparagus, l’espoir de la famille Janin (ainsi que des voisins …) foule le sable des arènes. Pour un petit bioù de 6ans, sans grande expérience, il affiche d’excellents principes. Bien placé, très rapide dans ses interventions, il réalise une fort belle prestation. Alors même si par moments, il perd l’homme dans ses poursuites, en venant trop fort, cela ne ternit pas sa course. En Julien Ouffe, il trouvera son unique adversaire et enfermera sa seconde ficelle, raccompagné lui aussi au toril par l’air du toréador entonné par la Gardounenque.

 

                                 Nico

                                 Photos et titre Esmeralda

 

 

Les cheveux longs de Vidourlen ...

 

 

Ruy Blas fait le spectacle

 

Rodin ignore les quites ...

 

Mathis et Allou ...

 

Dernière mise à jour de cette page le 11/05/2009