
A force d'être là... régulier, sérieux, solide, il faisait immanquablement partie de nos dimanches, de nos saisons, de nos finales.
A force d'être là... on a fini par trouver normal qu'il assure à chaque sortie.
A force d'être là... on a souvent oublié de le récompenser à sa juste valeur.
Maintenant qu'il n'est plus là, on mesure toute la place qu'il occupait...
Et pourtant, quel grand cocardier !
Phoebus est né à la manade Cuillé en 1991du fameux étalon Saintois. Il court taù en 94, en protection en 95.
En 1996, il débute à l'Avenir ; 97-98, Avenir et As ; depuis 1999, aux As.
De sa longue carrière, on retiendra les qualificatifs suivants : toujours à la recherchedu combat, dominateur et spectaculaire, cocardier type au placement sûr, plein de tempérament aux barrières...
Les Cuillé ne s'y trompent pas et lui attribuent la place de quatrième dans la Royale, poste de prédilection qu'il occupera le plus souvent. Dans les concours, on le retrouve donc 4e, quelquefois 3e ou 2e.
Et de Sommières à Vauvert, du Grau-du-Roi à Châteaurenard, de Lunel à Arles, de Mauguio à Mouriès, Phoebus impose et s'impose, puissant dans ses poursuites et ses finitions.
Maître des combats, il défend en guerrier ses ficelles qu'il a souvent ramenées au toril.
La pression ne l'ébranle pas, son sens du placement et sa puissance s'exercent quelle que soit la piste et quels que soient ses adversaires. Pour l'anecdote, je n'ai trouvé en dix ans de carrière (Avenir-As) qu'une seule course, le 7 juillet 2002, à Châteaurenard où il' n'a pas eu son rayonnement habituel.
A la finale des As, à Arles, en 2005, du haut de ses quatorze ans, avec expérience, il mène une course intelligente, pleine de méchanceté, de fougue et d'enthousiasme aux planches donnant du fil à retordre aux meilleurs des As et rentrant une ficelle sous les applaudissements.
Sa dernière course le 31 octobre 2005, la finale du Pescalune à Lunel, il l'a faite égal à lui-même, solide, bagarreur, laissant - en combattant aguerri - parfois passer l'orage.
Ce furent là, hélas! ses derniers Carmen et les ultimes applaudissements.
Il n'a pourtant jamais reçu les plus grandes distinctions mais comme le dit Pierre Cuillé :
'Son plus grand trophée, c'est sa longévité au plus haut niveau'.
Les grands taureaux ne meurent jamais tout à fait. Phoebus était l'un d'eux.
Il restera dans nos mémoires.
MALI



