
Pas facile …c’est la première réflexion qui me vient en attaquant ce compte rendu. Pas facile parce que ce lundi de pentecôte traditionnellement Pescalune est aujourd’hui partagé entre le (mon) jugement d’une course et celui d’une nouvelle compétition à l’état embryonnaire. Pas facile, parce qu’en bouvine il y a des gens tellement obtus qu’ils ne peuvent pas comprendre que votre avis peut ne pas être le même que le leur. Pas facile parce que dans la journée une personne agressive et raciste m’est tombée dessus à bras raccourcis. Mais finalement au bout de ces quelques phrases je me dis que rien ne changera ma manière d’ être, je dis ce que je pense et ce que je vois n’ en déplaise aux mules, après un très très long week end de tauromachie espagnole, ou l’on voit comme en Camargue du bon et du moins bon, j’ ai encore l’ envie de taper sur mon clavier ma pensée du jour. Masters ou pas c' est Kif Kif Bourricot .Pour terminer ce prologue, j’ajouterai que ceux qui on aimé mon avis sur la course de vauvert, n’aimeront pas forcément mon avis sur cette course de Lunel et vice versa, et c’est tant mieux.
Entrons dans le vif du sujet et parlons « Masters », a ce jour je n’ai (presque) rien à redire, les points de bonification, sont pour ma part légitimement distribués et ceci sans excès. Evidemment parfois d’un petit point les avis divergent mais rien de bien flagrant donc pour cette deuxième course je dis chapeau au jury. J’ai vu la course que j’attendais de voir au niveau du travail des raseteurs impliqués. Pas d’attente aux rubans, de la bourre quad il faut et de beaux rasets. Attention cette vision ne porte que sur les masters … Si cette compétition perdure en ne restant que sur un certains nombre de course et met en scène les même raseteurs cela ne me déplait pas. Juste un bémol, dans l’esprit Masters, les tourneurs ne doivent en aucun cas enfreindre les règles et c’est au président de les faire respecter. Aujourd’hui un grand Carmen au public qui a empêché un tourneur d’agir de la contre piste. Poujol à gagné à Vauvert, aujourd’hui Four et je suis complètement d’ accord avec le choix des tenues blanches. Côté taureau je me reconnais plus sur la terre des pêcheurs de lune et pour une fois j’ai envie d’employer le mot préféré des sciences infuses de la course camarguaise et de dire que « incontestablement », le meilleur c’est YVAN !!!! Je vais rajouter une couche sur ce qui appelleront ça du parti pris Vauvert ne vaudra jamais Lunel et c’est une des piste ou je trouve que l’on peut le mieux juger les taureaux comme les hommes. Vous l’avez compris j’ai passé une bonne après midi.
A présent je vais vous dire l’impression que m’a donnée cette course, pour ceux qui veulent bien croire en mon objectivité même si ce mot est pour moi tout à fait relatif…
Présidence : Jacques Valentin a mon goût manque de Carmen sur les anticipations, en particulier sur Yvan et attribus un Carmen immérité à Tassou que pourtant j’aime beaucoup.
En piste Allouani fait un délit de fuite après un coup d’Yvan, il n’adhère pas aux masters n’a presque rien à y gagner puisqu’en fin de carrière il a bien compris que la reconnaissance du public (terme général) ne lui sera jamais acquise. Perso, je ne lui en veux pas il m’a déjà tout donné, pour les autres ce qu’ils pensaient avant restera inchangé. Tant pis pour eux si ils sont passés a côté de grands moments.
Oleskevich, Bénafitou et Guyon sont aujourd’hui des intermittents du spectacle mais sans démériter.
Jourdan et bien ma foi m’a plu, il travaille bien, est volontaire, tout va bien!
Villard … mon avis ne varie pas, il est surement plein de bonne volonté mais a peu de moyen et ne me convainc pas.
L’artiste Poujol manque de hargne et le jeune Four le bat de par sa volonté, sa connaissance des bioù et sa combativité, un espoir est né !
Benzegh, Garrido, Mata, Bensalah et Becker sont les tourneurs présents mais on ne sait pas vraiment à l’issue de quel classement … (je sais Paul et Mike ne sont pas les bienvenus)
En premier sort Marcellin du Joncas heu … de Rouquette. Il se montre très mobile dans le premier tiers mais sur les actions serrées et dans la bourre sait faire le spectacle. Ensuite ,cul aux planches, il ne refuse rien mais ne va au bout que lorsqu’il juge que cela est nécessaire et là c’est chaud ! Sa deuxième ficelle est levée à la dernière minute. Un quart d’heure de bravoure et de vaillance justement récompensé.
Boléro sort en second, il appartient à la manade Margé .Oups non ,encore une erreur il est maintenant sur les terre de Lafon… Très perspicace, il gère les départs, il se place, se jette sur l’homme et pose des difficultés mais freine avant le bois. Conserve une ficelle sans manquer de rasets et écoute le disque au retour.
Lieutenant de Lautier oui c’est ça ! Il se fait assez rapidement dépouiller de ses attributs mais prouve par la suite qu’il méritait la place de premier. C’est un vrai dur et venant de mes doigts c’est loin d’être une critique !!!! Il oblige les rasets courts et sélectionne de la bonne manière. Il garde une ficelle intacte et c’est le silence à l’ouverture des portes, alors je chante : « un œil noir te regarde et que l’amour t’attend …
A la place des stars sort Yvan de la manade du Pantaï. Même si il n’est pas marqué du fer, lui a grandi là bas. Yvan le terrible, Yvan le chevalier au lion, Yvan du rêve, que dire … c’est the bull of the masters ou le bioù de la course ! Nommez-le comme vous le voudrez mais qu’est ce que j’aimerai voir des taureaux de ce tempérament tout le temps ! Régulier depuis un temps certain il est craint, combat à sa manière, sortant toujours vainqueur malgré une paire de cornes qui pourraient sembler areglado (taillées par le coiffeur). Sa vitesse, sa vista, son sens du placement compensent plus que largement la longueur de ses bannes et en fait un grand, voire très grand cocardier. Ses arrivées meurtrières complètent sa prestation et je suis totalement sous le charme d’Yvan. Il a déjà passé la licence et le master aujourd’hui c’est pour lui les deux sabots dans le museau. Il ramène ses ficelles à la manade honoré bien heureusement de l’hymne des cocardiers !
Pesquié de fer Saumadien au départ fait retomber le soufflet préparé par Yvan. Mais il se chauffe et à la 6ème minute il nous honore enfin d’un de ses coups de barrières bien connus. Je ne suis pas fan de ce barricadier sans placement et je trouve que la musique est beaucoup plus présente sur ses boums que sur les chassés croisés d’Yvan, mais je dois reconnaitre qu’il sait faire dans le théâtral et nous gratifie de belles actions. L’une d’ entre elle est époustouflante, il court aussi vite que Victor Jourdan et se jette à l’endroit prévue avant lui là je dois dire « Musica » !!! Il garde lui aussi ses ficelles, le public est ravi que demander de plus ? L’air de Bizet au retour ? bien évidemment qu’il l’a !!!
Tassou des près de Cuillé et de nulle part ailleurs est MA déception du jour … On m’a dit il est vert, on m'a dit il est jeune, je sais qu’il n’a que huit ans … le fait est que today il s’est perdu… totally … Tant qu’il domine tout va bien mais des la première série il montre qu’il n’approuve pas, il saute seul et s’éternise en contre piste. Il préserve un gland sans gloire et à son retour écoute brièvement le disque décrié par le public. Peut être que sa course fera guérir plus vite Renoir qui sait …
Four l’emporte aux points points et points de bonifications oui, oui, oui !!! Yvan est le master oui, oui oui aussi !
Esméralda( Photos nico)



