Après deux jours de pluie les afeciouna peuvent enfin étancher leur soif de bioù. Les taureaux ont subit le mauvais temps, les deux Janin prévu n’ont pu être triés et sont remplacés par deux taureaux de Saumade, la course s’annonce donc sous le signe de l’incertitude …
C’est la seconde journée du trophée Pescalune (si trophée il y a) , l’équipe d’homme en blanc est motivée et au complet, douze raseteurs foulent le sable de « la reine de la course camarguaise » aidés de cinq tourneurs. A droite Allouani manque de main, Villard ne me parait pas très en forme, Garcia, Jourdan, Perez, Guyon rasètent par intermittence. A gauche Ouffe n’est pas dans le coup, Oleskevich, Martin-Cocher et Bénafitou travaillent. Poujol est un artiste, il ne se perd pas en rasets inutiles, ce qu’il fait est de l’art, du pur bonheur pour les yeux et ses rasets font réagir tous les épidermes. L’homme du jour, celui qui survole la course, qui rasète tous les taureaux avec une aisance et une facilité déconcertante est un jeune promu de l’avenir : je parle de Bastien Four.
Qu’il fait du bien ce souffle d’air frais sur la course camarguaise, l’espoir renait et enfin je vois l’avenir prometteur. Non, non, non ce ne sont ni le bleu intense de ses yeux ni son sourire franc qui charment le public mais bien sa prestance et la qualité de son raset. La saison est longue et j’espère que Bastien arrivera au bout de la même manière qu’il a commencé. Suerte Bastien.
Les tourneurs sont : Dengerma, Benzegh, Mata, Garrido, Bensalah et de ce coté là l’ambiance est plutôt électrique …
Au Micro Jacques Valentin gèrent bien la course comme à son habitude.
Je vais narrer rapidement la première partie que j’ai trouvé plutôt soporifique.
Tommy (St Antoine) se place au quart de la piste, refuse vingt rasets avant d’en accepter un et malgré ce, ne résiste que deux minutes aux rubans. Il n’enferme plus comme avant et ne reste que douze minutes en piste. Silence à son retour.
Catalan (Saumade) mène une course qui aurait pu être agréable s’il y avait mis ce brin d’émotion qui est l’essence de notre passion. Il se livre à gauche comme à droite, baissant la tête au contact et ignorant les finitions. Il rentre ses nombreux tours de ficelles en silence lui aussi.
Barras (Nicollin) comme Catalan, vient à gauche comme à droite et dans la bourre effectue trois coups de barrières qui lui valent un Carmen final. Il rentre cornes nues, sa dernière ficelle est levée par Four à la sonnerie.
Badaire (Nicollin) sort quatrième et me surprend agréablement. Au départ, il gambade, cherche sa place mais après un saut derrière Allouani qui ne s’accroche pas le cercle s’élargit. Le taureau se place et effectue un quart d’heure mêlant sérieux et spectaculaire. Il anticipe notamment un raset de Villard qui sans un quite de Four (qui sur ce coup risque sa vie) ne serait jamais arrivé au bout. Le disque joue lorsqu’il ramène ses pelotes au mas. Si ce taureau continue dans ce sens je pense que l’on pourra compter sur lui dans le futur.
Le beau Rodin (Baumelles) sort fièrement, encocardé juste ce qu’il faut, et nous montre encore une fois son sens du sitio. Il a de la classe, sa vista est parfois effrayante tout comme sa vitesse et son anticipation. En début de course il manque un peu de discernement dans les séries mais se rattrape sur la fin ou il n’accepte pas plus de trois reprises et se dégage. Par deux fois il met Villard en danger et empêche beaucoup d’autres de partir. Il gagne le combat pour conserver sa seconde ficelle et s’en retourne fièrement en terre saintoise, un air d’opéra entre les cornes.
Pesquié (Saumade) termine et c’est bien sa place. C’est à son endroit favori, pile poil au centre de la piste, qu’il se place. Puisque les raseteurs l’y affrontent, on peut voir de jolies poursuites et nombreux coups de barrières qui grimpent en intensité au fur et à mesure qu’il se chauffe. Il termine bien cette après midi, réintégrant le toril ses ficelles bien en place en écoutant le Carmen qui clôture cette après midi.
Esméralda (Photos Nico)


