Pour la mise en place d'une course camarguaise, la présence de plusieurs acteurs est incontournable : les bious et leurs pelots, les raseteurs et leurs tourneurs, les afeciouna et autres spectateurs, les organisateurs, le délégué de la F.F.C.C., la presse et le Trophée Taurin... et le président de course.
Cet homme (car là aussi, la parité n'existe pas
) a sur ses épaules, de bien lourdes responsabilités, il me semble : il est garant du « timing », de l'annonce du prix des attributs, de l'attribution de ses derniers aux raseteurs – et cela se révèle parfois périlleux, notamment en cas de ficelles balourdes – il doit dénoncer une attitude non conforme au réglement, peut rappeler à l'ordre et même sanctionner, accorder les « carmen » gratifiant les cocardiers, etc. Enfin, il est la voix unique de communication avec le public.
L'énumération des nombreuses tâches qui lui incombent, est suffisante pour comprendre l'importance de son rôle et du savoir faire requis pour assumer sa fonction.
Mais quels sont les critères permettant de déterminer les personnes détenant le savoir-faire et les connaissances nécessaires pour être éligible à la fonction de président? Doivent-ils suivre une formation particulière? Existe t-il une instance fédérale qui vérifie que les présidents de course exercent leur fonction comme il se doit?
Selon, les textes réglementaires de la F.F.C.C., tout président de course doit être détenteur d'un brevet d'animateur. Pour obtenir ce diplôme, il faut :
être âgé de 18 ans au moins.
Etre de nationalité Française. Etre licencié à la F.F.C.C pour la saison en cours.
Etre présenté par un club ou Association licencié à la F.F.C.C.
Ne pas être suspendu ou radié par une autre Fédération Sportive pour violence dans le sport.
Suivre la formation préparatoire portant sur :
La connaissance du règlement fédéral
Les connaissances générales de la Bouvine
La connaissance sur le rôle de Délégué de course
Les Connaissances appliquées sur la Présidence de course
L’esprit sportif
Passer l'examen composé:
d'une épreuve écrite (questionnaire portant sur le règlement fédéral ; rédaction d’une feuille de course et d’un rapport)
et d'une épreuve orale (entretien avec le jury)
Cette formation est assurée par le Conseiller Technique Fédéral et la Commission de formation.
Le Stage de préparation dure 3 jours.
3 jours... 3 jours pour être apte à dire si un taureau mérite un carmen... 3 jours pour acquérir l'assise nécessaire pour être garant de l'application du réglement fédéral... 3 jours... et puis c'est tout !
Mais alors? Qu'advient-il lorsqu'un président « se plante » royalement? Qu'advient-il lorsqu'il ne tient pas son rôle et qu'il ne remplit pas ses devoirs (énoncés dans les textes réglementaires fédéraux art. 137 – Chapitre III)? La réponse à ces deux questions est aussi dans ces textes, un peu plus loin, article 139: « en cas de manquement, la commission de discipline se réunira et statuera ».
Mais tout à fait franchement, à quoi servirait de tirer sur l'ambulance? Car il faut bien dire qu'il n'y a pas pléthore de candidats pour devenir président !
Outre la question soulevée par les connaissances et le savoir faire requis, il me paraît nécessaire que le président de course tende à exercer dans la plus grande impartialité possible.
Cela va de soi... Et pourtant, lorsque le président est aussi organisateur de la course qu'il préside (ce qui arrive assez fréquemment) ...Quelle est sa marge d'objectivité entre ce qui se passe et son envie que la course soit une réussite? Quid des présidents supporters inconditionnels de tel cocardier, manade ou raseteur?
Autant d'ambiguité et de questionnements autour des présidents de course, qui sont des acteurs incontournables certes. Mais faudrait-il encore qu'ils aient les moyens d'exercer pleinement leurs fonctions.
La formation continue, la création d'une instance pour évoquer les problèmes qu'ils rencontrent tout au long de la saison, laisser le soin à la fédération de nommer le président pour chaque course (à l'identique de l'affectation des délégués) et l'éventualité d'une rémunération réglementée, sont autant de pistes qui me paraissent exploitables. Il y en a sûrement d'autres... espérons que les têtes bien pensantes de la course camarguaise se pencheront bientôt sur le dossier!
Falbala