FEVRIER - LES GRANDS VAINQUEURS 2005

En attendant la reprise, le Taurographe se devait de rendre hommage au Bioù d'Or et au Bioù de l'Avenir 2005.

         

CAMARINA

Unanimité pour Camarina : les 29 membres du Trophée Taurin ont élu le 2 octobre 2005 à Châteaurenard le cocardier de Chauvet, Bioù d’Or 2005.

Un sacre attendu pour ce barricadier issu de Provence au plus haut niveau depuis 2003. Bioù de l’Avenir en 2001, malgré une année blanche en 2002, le taureau des Chauvet tient le haut du pavé depuis 5 ans.

Né en 1994, le N.402 du Mas de Pernes, choyé par Régine dès son plus jeune âge, débute en 1998 en alternant courses de protection ou emboulé. En 1999, il est baptisé en l’honneur de l’association Camarina de Beaucaire et court au Trident d’Or. Déjà remarqué par la presse taurine, il ne cesse de confirmer en 2000 son talent de barricadier.

En 2001, devant une grande cuvée de raseteurs en devenir (Poujol, Gleize), il s’octroie le Bioù de l’Avenir, dans ses arènes de prédilection Châteaurenard.

En 2003, au Trophée des As, la concurrence est rude. Face à Virat, Michou, Scamandre, Tristan, il frôle le Bioù d’Or mais les coiffe tous au poteau le jour de la finale. Enfant prodige de la manade Chauvet, il ne sortira pas à Lunel et Beaucaire – selon le choix de Régine -  peut-être une sur-protection qui lui coûte le titre ?

2004 est marqué par le décès de Régine Chauvet. Mais la saison de Camarina est déjà établie : même topo, même arènes, même résultat. 1er prix des Maraîchers à Châto, pour la 2e fois et meilleur taureau de la finale du Trophée des As.

Camarina débute 2005 à Arles. Le cocardier s'impose, les hommes se rangent pour le raseter, aucun départ du centre. Cul collé à la planche, il attend et voit tout. Très rapide sur l'action, il envoie la corne et cherche à attraper son adversaire. La peur des tenues blanches est tangible et seuls Villard, Poujol et Grammatico s'aventurent sur les rasets arrêtés. Cocardier complet, il rentre ses deux glands. En avril, à Châteaurenard, il confirme ses ambitions avec une très bonne prestation. Accessible à tous les hommes, il est moins craint et rentre cornes nues. Sa sortie suivante à Sommières déçoit un peu, agréable certes mais peu percutante. En revanche, à Cavaillon, il est plutôt dominateur. Le 14 août aux Saintes-Maries-de-la-Mer, il fournit un quart-d'heure complet enthousiasmant où il exprime pleinement ses qualités de barricadier et de cocardier. En duo avec Allouani, il atteint des sommets. Un seul bémol : il manquait d'adversaires. En septembre, à Châteaurenard, sorti 8e, Camarina prend le prix des Maraîchers après une course où il a singulièrement manqué de travail.

Enfin, devant des milliers d'afeciouna, Arles fête le sacre de Camarina et le Trophée Taurin lui accorde même le prix du meilleur taureau de la journée auquel Michou aurait pu prétendre.

 Le Bioù d'Or 2005 consacre un barricadier d'exception (NDLR : nonobstant Grognard  qui émet des réserves sur le terme 'd'exception') dont la longévité remarquable n'est possible que par une bonne gestion de carrière.

 

 

                              

 

JEANNOT

Le 2 octobre 2005, à Châteaurenard, les aficionados ovationnaient un jeune bioù peu connu qui venait de réaliser un quart d’heure digne d’un grand cocardier au placement strict et à la finition spectaculaire. Jeannot écrivait la première page importante de l’histoire de la manade du Gran Salan en devenant le Bioù de l’Avenir.

 

Retour sur un parcours peu commun : en 1994, Patrick Benabent, ancien gardian chez Margé, monte sa manade avec pour origines initiales Fabre-Mailhan, Guillierme. C’est en 1997 que Jeannot voit le jour à Portiragnes. Il fait ses premières armes en course de nuit et son propriétaire décèle déjà en lui des qualités certaines. En 2003, à 6 ans, il se frotte aux raseteurs du Trophée de l’Avenir, à Saint-Gilles, Sommières, Vendargues, Portiragnes offrant un véritable récital : placement, anticipation, coups de barrière, dangerosité…

En 2004 : craint par les raseteurs, il manque à chaque fois de travail, ce qui ne lui permet pas d’exprimer tout son talent. A la fin de la saison, son pelot décide qu’il est temps que Jeannot se mesure à des adversaires à sa hauteur. 2005 le verra donc sortir, pour une mise, en train à Vallabrègues à l’Avenir, puis aux As à Mauguio, La Grande-Motte, Sommières, Lansargues.

A Mauguio, après quelques minutes pour trouver ses marques, Jeannot, face aux As du crochet (Mascarin, Poujol, Villard, Benafitou…)  réussit son premier test et enthousiasme le public. A La Grande-Motte, seul Allouani se mesure à lui, dans une prestation barricadière qui lui vaut le prix de la journée. Au mois d’août, à Sommières, Jeannot franchit un pas de plus, dans la construction de son quart d’heure. En gérant son temps de course, il se fait respecter par un placement rigoureux. Intraitable dans son terrain, il mène le jeu et impose une course de cocardier complet. Au bout du compte, il est récompensé par le prix de la journée. Le 21 août à Lansargues, peu d’opposition, Jeannot fait une promenade de santé et prend le prix.

Sélectionné pour la finale de l’Avenir où il sort en 8e position, d’entrée il impose son intelligence en choisissant le bon angle, à droite sous la présidence, d’où il orchestre les débats en sélectionnant, ne permettant qu’aux hommes forts de le raseter. Et termine triomphalement par une avalanche de coups de barrière.

Trois semaines après, son pelot prenait le risque de choisir Lunel en clôture de sa saison. Pari osé mais réussi ! Quelle course ! Un quart d’heure parfait, toujours avec un placement irréprochable et une anticipation sévère, ses arrivées aux planches sont toujours aussi puissantes mais amplifiées d’une agressivité criminelle nouvelle.

2006 sera-t-elle celle de la consécration ? Au vu du calendrier prévu (Mouriès, La Grande-Motte, Sommières…), on risque de rester sur notre faim. Mais si c’est pour le bien de Jeannot, on est prêt à attendre 2007.

 

        Le Taurographe  

 

 

         

Dernière mise à jour de cette page le 12/03/2007