
I have a dream ... J'ai rêvé d'un bioù qui se faisait respecter, j'ai rêvé d'un bioù qui dominait les hommes, j'ai rêvé d'un bioù qui s'imposait à Beaucaire ...
Puis j'ai vu Yvan, Yvan du Pantaï, Yvan du rêve, nom prédestiné .
Le petit bioù saintois sort grandit de sa prestation beaucairoise, il s'impose comme un grand qu'il rêve d'être, comme un grand que les amoureux des cocardiers rêvent, comme un grand que j'attendais comme un rêve ...
Avant lui, Petit Lou de Chabalier acquitte avec bonheur le rôle que sa place de premier lui impose. Toujours en mouvement, il préfère se dégager de l'emprise des blancs plutôt que subir leur bon vouloir. 10 bonnes minutes, mélées de poursuites serrées et de finitions cornes au dessus des planches, qui mettent les hommes en jambes et nous prédisposent à une course intense.
Corail, de Paulin Niquet, remplace Azerac sans que les spectateurs en soient informés. Il est assez vite débordé et succombe en 7 minutes sans grand relief ...
Leventi de Plo nous offre une course toute en vaillance et en virtuosité. Sans difficultés apparentes, les hommes peuvent nous gratifier de rasets de classe que le taureau se fait un plaisir d'honorer de toute sa bravoure. Cela nous offre de belles enfermées souvent conclues cornes au dessus des planches. Il ne résiste que 12 minutes mais 12 belles minutes.
Après la pause, Yvan, terrible en ce jour, fait son entrée. Il peut sembler un peu fla en son début de course, mais les hommes déchantent très vite. A droite, il s'avère un adversaire intouchable pour les blancs, Auzolle, Moutet ou Villard essayent mais se voient forcés de rompre. A gauche il est un peu plus abordable et Martinez et, surtout, Four se montrent ses plus vaillants contradicteurs. Bastien prend les affaires en main et nous gratifie de rasets engagés, droit à sa tête, qui mettent en valeur le bioù, qui y répond avec vigueur, et le raseteur qui prouve sa valeur . Un grand 1/4 d'heure, tout en domination, conclu par une immense ovation à sa rentrée au toril, porteur de ses 2 ficelles très fortement primées.
Verdaou, d'Allard, subit la " vengeance " des hommes en son début de course. Au bout de 2 minutes, il n'a plus que ses ficelles à défendre et n'a pas pu montrer l'étendue de son talent. Une suspension de la course, suite à une averse mal venue, lui est très profitable. A son retour, il trouve sa place dans les bois. S'il coupe son action sur les droitiers, il gratifie les gauchers, particulièrement les actions engagées de Damien Martin-Cocher, d'arrivées violentes aux bois. Sa tenue de piste lui permet d'enfermer ses 2 ficelles au toril sous l'air de Bizet bien mérités.
Le temps ne nous permettra malheureusement pas de voir les prestations de Mirabeau de Saint Pierre, de Co-Blanco de Lautier et du taù, tant attendu, de la manade Laurent pour son retour dans les arènes, ses arènes, du Prè.
Chez les blancs, Benji Villard engrange et travaille beaucoup, Bastien Four s'affirme, course après course, comme une valeur sûre, déjà, au niveau des AS. Loïc Auzolle, travailleur, et plutôt bien, n'est pas en réussite, à l'image de Damien Moutet. Gaétan Martinez est toujours aussi élégant, Bari Khaled toujours aussi utile. Matthieu Marquier et Damien Martin-Cocher rasètent quand ils se sentent en confiance.
Nico (ptotos Esméralda)


