Au revoir Michou

                      

 

 8 heures, nous arrivons à la manade, beaucoup d’afeciouna sont déjà là pour assister au dernier tri de leur cocardier préféré. Les discussions s’entament, toutes autour du même sujet … Les minutes passent, de plus en plus d’admirateurs arrivent, ce qui nous oblige à remiser les tracteurs et charrettes : devant l’affluence, 200 personnes au bas mot, la seule solution est d’aller à pied au clos de tri.

Là, Joël Linsolas se positionne à nos côtés et laisse ses plus fidèles gardians se charger de faire sortir Michou et Rodin du troupeau des cocardiers. Dès que nous entendons le gardian appeler Michou, ce dernier s’éloigne fièrement de ses congénères. Aujourd’hui, pas de péripétie durant le tri, Michou sait qu’il est le roi de la fête et se comporte comme un seigneur. Peu de temps après, Rodin lui emboîte le pas, et là, énorme déception : Il boîte énormément, son antérieur droit est encore loin d’être guéri. Devant nos interrogations, le pelot nous dit que malgré cette boiterie, Rodin sera en présentation à la course, il doit cela à son public.

                   

Ca y est Michou et Rodin sont sortis du premier enclos,ils se retrouvent seul, dans le deuxième enclos, à quelques mètres de nous. Le temps d’ouvrir quelques barrages et Joël appelle Michou : quelle émotion que de le voir immédiatement réagir, aller de sa belle allure, Rodin dans son sillage, vers le chemin le menant au toril du bouvau. L’encocardement se passe rapidement, sans soucis comme toujours. Michou est d’un calme exemplaire, malgré un grand nombre de personnes sur ou tout autour du toril, aucun signe d’énervement, il attend patiemment que les autres taureaux prévus pour la course soit embarqué avant d’entrer à son tour dans le camion. Il est temps pour nous de le laisser un peu et d’honorer le déjeuner offert par le CT Boisset. La Pena La Gardounenque anime ce moment de grande convivialité, d’amitié et d’aficion.

                      

 

L’heure de la course approche, la capelado, débute avec tout le décorum camarguais habituel. Puis Joël à pied, suivi de son fils Guillaume et son neveu Marc, tous deux à cheval, rejoignent le centre de la piste saintoise, décorée de la marque des Baumelles. Enfin, les gardians Gilbert, Jean-Georges (Chouchou), Jérôme et Rodolphe viennent chercher les devises que porteront tous les taureaux de cette course. Galinié, Saint Gillois, Marquis, Marico, Maï, Garlan et Rodin ont tour à tour fait honneur à cette devise, vient alors l’heure de Michou …

Il entre en piste alors que Jacky Menouret lit un bel hommage pour lui, le roi sans couronne… Dés la sonnerie, il se place cul aux planches, devant le toril, et attend les sollicitations. Loïc et Bastien seront ses plus valeureux partenaires, le rasetant comme il le faut pour lui faire réaliser, encore, ses anticipations et ses finitions habituelles.

                     

Quand la sonnerie retentit, la Pena entonne le Vino Griego, le plus festif des chants d’adieu. Michou se place alors au centre des arènes, sur la marque de sa manade, et, immobile, écoute les applaudissements, regarde les mouchoirs gris, rouges et blancs agités par son public, l’honorant une dernière fois, de la plus belle des manières. L’émotion est à son comble, les yeux s’emplissent de larmes, nous n’arrêtons pas d’applaudir, on voudrait que le temps suspende son vol, que ces minutes ne cessent jamais … Quand les derniers accords s’envolent dans le ciel saintois, Michou se tourne alors vers le toril et attend l’ouverture, la dernière, de ces portes qu’il a franchi tant de fois sous l’air de Carmen. Il s’avance tranquillement vers le noir du toril, sous les applaudissements toujours plus nourris de cette foule d’afeciouna venue fêter un taureau, son taureau.

                           

Il est maintenant temps de se rendre au Relais, la salle communale faisant face aux arènes, pour l’ultime hommage. Avec Y. Bustin, le secrétaire du CTPR Etienne Boisset, en maître de cérémonie, les officiels se succèdent au micro : Le Président de la FFCC, le représentant des CTPR, le Président du CT. Puis vient M. Chassain, le maire des Saintes Maries de la Mer. Il nous explique qu’au début des années 2000, l’afici

on saintoise est scindée en 2, la politique ayant fait son œuvre. Mais l’avènement de Michou permettra à ses afeciouna de toujours, bien souvent amis d’enfance que la politique avait un peu éloigné, de se retrouver avec ce taureau, de se retrouver derrière ce taureau. A ce titre, Monsieur Le Maire décide de remettre à Michou la médaille de la ville et d’en faire son citoyen d’honneur. Moment surréaliste, que seule la Bouvine peut nous faire vivre. Par ce geste, le taureau bien sûr, mais aussi Les Saintes Maries de la Mer entrent dans l’Histoire et retrouvent leur place de centre de la Bouvine, de vraie ville taurine. Félicitations Monsieur le Maire pour une telle initiative, et félicitations à toi Michou, pour l’avoir méritée !!

 

Nous nous retrouvons enfin chez Boisset, lieu mythique de la Bouvine, pour une soirée durant laquelle la fé di bioù et l’amitié seront les reines.

Et pour conclure, je reprendrais les paroles de Sylvie Linsolas : Ca a été une belle journée en famille !!!

 

Et à toi Michou, je ne dis qu’un au revoir et à très bientôt en Terre Sainte …

                                                         Nico

Dernière mise à jour de cette page le 07/11/2009